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By: chen ralphbull

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Saturday, 5-Nov-2011 06:21 Email | Share | | Bookmark
trois corps gisaient sans mouvement. Barbicane

Ils oubliaient le but du voyage pour ne songer qu'aux voyageurs ! Et si quelqu'un d'entre eux -- J.-T. Maston, par exemple --, e?t pu jeter un regard à l'intérieur du projectile, qu'aurait-il vu ? Rien alors. L'obscurité était profonde dans le boulet. Mais ses parois cylindro-coniques avaient supérieurement résisté. Pas une déchirure, pas une flexion, pas une Moncler Femme Manteau déformation. L'admirable projectile ne s'était même pas altéré sous l'intense déflagration des poudres, ni liquéfié, comme on paraissait le craindre, en une pluie d'aluminium. A l'intérieur, peu de désordre, en somme. Quelques objets avaient été lancés violemment vers la vo?te ; mais les plus importants ne semblaient pas avoir souffert du choc. Leurs saisines étaient intactes.
Sur le disque mobile, rabaissé jusqu'au culot, après le bris des cloisons et l'échappement de l'eau, trois corps gisaient sans mouvement. Barbicane, Nicholl, Michel Ardan respiraient-ils encore ? Ce projectile n'était-il plus qu'un cercueil de métal, emportant trois cadavres dans l'espace?... Quelques minutes après le départ du boulet, un de ces corps fit un mouvement ; ses bras s'agitèrent, sa tête se redressa, et il parvint à se mettre sur les genoux. C'était Michel Ardan. Il se palpa, poussa un a ? hem ? sonore, puis il dit ; ? Michel Ardan, complet. Voyons les autres ! ? Le courageux Fran?ais voulut se lever ; mais il ne put se tenir debout. Sa tête vacillait, son sang violemment injecté, l'aveuglait, il était comme un homme ivre. ? Brr ! fit-il. Cela me produit le même effet que deux bouteilles de Corton. Seulement, c'est peut-être moins agréable à avaler ! ? Puis, passant plusieurs fois sa main sur son front et se frottant les tempes, il cria Moncler Homme Blouson d'une voix ferme : ? Nicholl ! Barbicane ! ? Il attendit anxieusement. Nulle réponse. Pas même un soupir qui indiquat que le coeur de ses compagnons battait encore. Il réitéra son appel. Même silence. ? Diable ! dit-il. Ils ont l'air d'être tombés d'un cinquième étage sur la tête ! Bah ! ajouta-t-il avec cette imperturbable confiance que rien ne pouvait enrayer, si un Fran?ais a pu se mettre sur les genoux, deux Américains ne seront pas gênés de se remettre sur les pieds. Mais, avant tout éclairons la situation?. Ardan sentait la vie lui revenir à flots. Son sang se calmait et reprenait sa circulation accoutumée. De nouveaux efforts le remirent en équilibre. Il parvint à se lever, tira de sa poche une allumette et l'enflamma sous le frottement du phosphore.
Puis, l'approchant du bec, il l'alluma. Le récipient n'avait aucunement souffert. Le gaz ne s'était pas échappé. D'ailleurs, son odeur l'e?t trahi, et en ce cas, Michel Ardan n'aurait pas impunément promené une allumette enflammée dans ce milieu rempli d'hydrogène. Le gaz, combiné avec l'air, e?t produit un mélange détonant et l'explosion aurait achevé ce que la secousse avait commencé peut-être. Dès que le bec fut allumé, Ardan se pencha sur les corps de ses compagnons. Ces corps étaient renversés l'un sur l'autre, comme des masses inertes. Nicholl dessus, Barbicane dessous. Ardan redressa le capitaine, l'accota contre un divan, et le frictionna vigoureusement. Ce massage, intelligemment pratiqué, ranima Nicholl, qui ouvrit les yeux, recouvra instantanément son sang-froid, saisit la main d'Ardan. Puis, regardant Moncler Homme Manteau autour de lui : ? Et Barbicane ? demanda-t-il. --Chacun son tour, répondit tranquillement Michel Ardan. J'ai commencé par toi, Nicholl, parce que tu étais dessus. Passons maintenant à Barbicane. ? Cela dit, Ardan et Nicholl soulevèrent le président du Gun-Club et le déposèrent sur le divan. Barbicane semblait avoir plus souffert que ses compagnons. Son sang avait coulé, mais Nicholl se rassura en constatant que cette hémorragie ne provenait que d'une légère blessure à l'épaule. Une simple écorchure qu'il comprima soigneusement. Néanmoins, Barbicane fut quelque temps à revenir à lui, ce dont s'effrayèrent ses deux amis qui ne lui épargnaient pas les frictions. ? Il respire cependant, disait Nicholl, approchant son oreille de la poitrine du blessé. --Oui, répondait Ardan, il respire comme un homme qui a quelque habitude de cette opération quotidienne. Massons, Nicholl, massons avec vigueur. ? Et les deux praticiens improvisés firent tant et si bien, que Barbicane recouvra l'usage de ses sens


Friday, 4-Nov-2011 09:13 Email | Share | | Bookmark
comme il connaissait parfaitement la ville

« Sans doute, pensa-t-il, cette idée de voyager polo ralph lauren pas cher lui est venue avant l’invasion! Peut-être elle-même ignore-t-elle ce qui se passe!... Mais non, ces marchands ont causé devant elle des troubles de la Sibérie... et elle n’a pas paru étonnée.... Elle n’a même demandé aucune explication.... Mais alors elle savait donc, et, sachant, elle va!... La pauvre fille!... Il faut que le motif qui l’entraîne soit bien puissant! Mais, si courageuse qu’elle soit, — et elle l’est assurément — ses forces la trahiront en route, et, sans parler des dangers et des obstacles, elle ne pourra supporter les fatigues d’un tel voyage!... Jamais elle ne pourra atteindre Irkoutsk! » Cependant, Michel Strogoff allait toujours au hasard, mais, comme il connaissait parfaitement la ville, retrouver son chemin ne pouvait être embarrassant pour lui. Après avoir marché pendant une heure environ, il vint s’asseoir sur un banc adossé à une grande case de bois, qui s’élevait, au milieu de beaucoup d’autres, sur une très-vaste place.
Il était là depuis cinq minutes, lorsqu’une main s’appuya fortement sur son épaule. « Qu’est-ce que tu fais la? lui demanda d’une voix rude un homme de haute taille qu’il n’avait pas vu venir. — Je me repose, répondit Michel Strogoff. — Est-ce que tu aurais l’intention de passer la nuit sur ce banc? reprit l’homme. — Oui, si cela me convient, répliqua Michel Strogoff d’un polo ralph lauren pas cher homme ton un peu trop accentué pour le simple marchand qu’il devait être. — Approche donc qu’on te voie! » dit l’homme. Michel Strogoff, se rappelant qu’il fallait être prudent avant tout, recula instinctivement. « On n’a pas besoin de me voir, » répondit-il. Et il mit, avec sang-froid, un intervalle d’une dizaine de pas entre son interlocuteur et lui. Il lui sembla alors, en l’observant bien, qu’il avait affaire à une sorte de bohémien, tel qu’il s’en rencontre dans toutes les foires, et dont il n’est pas agréable de subir le contact ni physique ni moral. Puis, en regardant plus attentivement dans l’ombre qui commençait à s’épaissir, il aperçut près de la case un vaste chariot, demeure habituelle et ambulante de ces zingaris ou tsiganes qui fourmillent en Russie, partout où il y a quelques kopeks à gagner.
Cependant, le bohémien avait fait deux ou trois pas en avant, et il se préparait à interpeller plus directement Michel Strogoff, quand la porte de la case s’ouvrit. Une femme, à peine visible, s’avança vivement, et dans un idiome assez rude, que Michel Strogoff reconnut être un mélange de mongol et de sibérien: « Encore un espion! dit-elle. Laisse-le faire et viens souper. Le « papluka » [Sorte de gâteau feuilleté] attend. » Michel Strogoff ne put s’empêcher de sourire de la ralph lauren qualification dont on le gratifiait, lui qui redoutait particulièrement les espions. Mais, dans la même langue, bien que l’accent de celui qui l’employait fût très-différent de celui de la femme, le bohémien répondit quelques mots qui signifiaient: « Tu as raison, Sangarre! D’ailleurs, nous serons partis demain! » — Demain? répliqua à mi-voix la femme d’un ton qui dénotait une certaine surprise. — Oui, Sangarre, répondit le bohémien, demain, et c’est le Père lui-même qui nous envoie... où nous voulons aller! » Là-dessus, l’homme et la femme rentrèrent dans la case, dont la porte fut fermée avec soin. « Bon! se dit Michel Strogoff, si ces bohémiens tiennent à ne pas être compris, quand ils parleront devant moi, je leur conseille d’employer une autre langue! » En sa qualité de Sibérien, et pour avoir passé son enfance dans la steppe, Michel Strogoff, on l’a dit, entendait presque tous ces idiomes usités depuis la Tartarie jusqu’à la mer Glaciale. Quant à la signification précise des paroles échangées entre le bohémien et sa compagne, il ne s’en préoccupa pas davantage.


Thursday, 3-Nov-2011 08:26 Email | Share | | Bookmark
frappés du décret d’expulsion

C’étaient, d’une part, des Asiatiques frappés du décret d’expulsion, et, de l’autre, quelques familles de moujiks qui s’arrêtaient à Kazan. Michel Strogoff regardait d’un air assez indifférent ce va-et-vient particulier à tout embarcadère auquel vient d’accoster un steam-boat. Le Caucase devait faire escale à Kazan pendant une heure, temps nécessaire au renouvellement de son combustible. Quant à débarquer, Michel Strogoff n’en eut pas même l’idée. Il n’aurait pas voulu laisser seule à bord la doudoune ralph lauren pas cher jeune Livonienne, qui n’avait pas encore reparu sur le pont. Les deux journalistes, eux, s’étaient levés dès l’aube, comme il convient à tout chasseur diligent. Ils descendirent sur la rive du fleuve et se mêlèrent à la foule, chacun de son côté. Michel Strogoff aperçut, d’un côté, Harry Blount, le carnet à la main, crayonnant quelques types ou notant quelque observation, de l’autre, Alcide Jolivet, se contentant de parler, sûr de sa mémoire, qui ne pouvait rien oublier. Le bruit courait, sur toute la frontière orientale de la Russie, que le soulèvement et l’invasion prenaient des proportions considérables. Les communications entre la Sibérie et l’empire étaient déjà extrêmement difficiles.
Voilà ce que Michel Strogoff, sans avoir quitté le pont du Caucase, entendait dire aux nouveaux embarqués. Or, ces propos ne laissaient pas de lui causer une véritable inquiétude, et ils excitaient l’impérieux désir qu’il avait d’être au delà des monts Ourals, afin de juger par lui-même de la gravité des événements et de se mettre en mesure de parer à toute éventualité. Peut-être allait-il même demander des renseignements plus précis à quelque indigène de Kazun, lorsque son attention fut tout à coup distraite. Parmi les voyageurs qui quittaient le Caucase, Michel Strogoff reconnut alors la troupe des tsiganes qui, la veille, figurait encore sur le champ de foire de Nijni-Novgorod. Là, sur le pont du steam-boat, se trouvaient et le vieux bohémien et la femme qui l’avait traité d’espion. Avec eux, sous leur direction, sans doute, débarquaient une vingtaine de danseuses et de chanteuses, de quinze à vingt ans, enveloppées de mauvaises couvertures qui recouvraient leurs jupes à paillettes. Ces étoffes, piquées alors par les premiers rayons du soleil, rappelèrent à Michel Strogoff cet effet singulier qu’il avait observé pendant la nuit. C’était tout ce paillon de bohème qui étincelait dans l’ombre, lorsque la cheminée du steam-boat vomissait quelques flammes. « Il est évident, se dit-il, que cette troupe de tsiganes, après être restée sous le pont pendant le jour, est venue se blottir sous le gaillard pendant la nuit, Tenaient-ils donc à se montrer le moins possible, ces bohémiens? Ce n’est pourtant pas dans les habitudes de leur race! » Michel Strogoff ne douta plus alors que le propos, qui le touchait directement ne fût parti de ce groupe noir, pailleté par les doudounes ralph lauren femme lueurs du bord, et n’eût été échangé entre le vieux tsigane et la femme à laquelle il avait donné le nom mongol de Sangarre. Michel Strogoff, par un mouvement involontaire, se porta donc vers la coupée du steam-boat, au moment où la troupe bohémienne allait le quitter pour n’y plus revenir. Le vieux bohémien était là, dans une humble attitude, peu conforme avec l’effronterie naturelle à ses congénères. On eût dit qu’il cherchait plutôt à éviter les regards qu’à les attirer. Son lamentable chapeau, rôti par tous les soleils du monde, s’abaissait profondément sur sa face ridée. Son dos voûté se bombait sous une vieille souquenille dont il s’enveloppait étroitement, malgré la chaleur. Il eût été difficile, sous ce misérable accoutrement, de juger de sa taille et de sa figure. Près de lui, la tsigane doudounes ralph lauren hommeSangarre, femme de trente ans, brune de peau, grande, bien campée, les yeux magnifiques, les cheveux dorés, se tenait dans une pose superbe. De ces jeunes danseuses, plusieurs étaient remarquablement jolies, tout en ayant le type franchement accusé de leur race. Les tsiganes sont généralement attrayantes, et plus d’un de ces grands seigneurs russes, qui font profession de lutter d’excentricité avec les Anglais, n’a pas hésité à choisir sa femme parmi ces bohémiennes. L’une d’elles fredonnait une chanson d’un rhythme étrange, dont les premiers vers peuvent se traduire ainsi: Le corail luit sur ma peau brune, L’épingle d’or à mon chignon! Je vais chercher fortune Au pays de.... La rieuse fille continua sa chanson sans doute, mais Michel Strogoff ne l’écoutait plus.


Wednesday, 2-Nov-2011 08:54 Email | Share | | Bookmark
Tous deux demeurèrent impassibles

Tous deux demeurèrent impassibles. « Une énergique nature! » pensa Michel Strogoff. Cependant, tout danger avait promptement disparu. Une rupture du bandage du wagon de bagages avait provoqué d’abord le choc, puis l’arrêt du train, mais peu s’en manteau ralph lauren était fallu que, rejeté hors des rails, il n’eût été précipité du haut du remblai dans une fondrière. Il y eut là une heure de retard. Enfin, la voie dégagée, le train reprit sa marche, et, à huit heures et demie du soir, il arrivait en gare à Nijni-Novgorod. Avant que personne eût pu descendre des wagons, les inspecteurs de police se présentèrent aux portières et examinèrent les voyageurs. Michel Strogoff montra son podaroshna, libellé au nom de Nicolas Korpanoff. Donc, nulle difficulté.
Quant aux autres voyageurs du compartiment, tous à destination de Nijni-Novgorod, ils ne parurent point suspects, heureusement pour eux. La jeune fille, elle, présenta, non pas un passeport, puisque le passeport n’est plus exigé en Russie, mais un permis revêtu d’un cachet particulier et qui semblait être d’une nature manteau ralph lauren femme spéciale. L’inspecteur le lut avec attention. Puis, après avoir examiné attentivement celle dont il contenait le signalement: « Tu es de Riga? dit-il. — Oui, répondit la jeune fille. — Tu vas à Irkoutsk? — Oui. — Par quelle route? — Par la route de Perm. — Bien, répondit l’inspecteur. Aie soin de faire viser ton permis à la maison de police de Nijni-Novgorod. » La jeune fille s’inclina en signe d’affirmation. En entendant ces demandes et ces réponses, Michel Strogoff éprouva à la fois un sentiment de surprise et de pitié. Quoi! cette jeune fille seule, en route pour cette lointaine Sibérie, et cela, lorsque, à ses dangers habituels, se joignaient tous les périls d’un pays envahi et soulevé! Gomment arriverait-elle? que deviendrait-elle?... L’inspection finie, les portières des wagons furent alors ouvertes, mais, avant que Michel Strogoff eût pu faire un mouvement vers elle, la jeune Livonienne, descendue la première, avait disparu dans la foule qui encombrait les quais de la gare. NIJNI-NOVGOROD, Novgorod-la-Basse, située au confluent du Volga et de l’Oka, est le chef-lieu du gouvernement de ce nom.
C’était là que Michel Strogoff devait abandonner la voie ferrée, qui, à cette époque, ne se prolongeait pas au delà de cette ville. Ainsi donc, à mesure qu’il avançait, les moyens de communication devenaient d’abord moins rapides, ensuite moins sûrs. Nijni-Novgorod, qui en temps ordinaire ne compte que trente à trente-cinq mille habitants, en renfermait alors plus de trois cent mille, c’est-à-dire que sa population était décuplée. Cet accroissement était dû à la célèbre foire qui se tient manteau ralph lauren homme dans ses murs pendant une période de trois semaines. Autrefois, c’était Makariew qui bénéficiait de ce concours de marchands, mais, depuis 1817, la foire a été transportée à Nijni-Novgorod. La ville, assez morne d’habitude, présentait donc une animation extraordinaire. Dix races différentes de négociants, européens ou asiatiques, y fraternisaient sous l’influence des transactions commerciales. Bien que l’heure à laquelle Michel Strogoff quitta la gare fût déjà avancée, il y avait encore grand rassemblement de monde sur ces deux villes, séparées par le cours du Volga, que comprend Nijni-Novgorod, et dont la plus haute, bâtie sur un roc escarpé, est défendue par un de ces forts qu’on appelle « kreml » en Russie. Si Michel Strogoff eût été forcé de séjourner à Nijni-Novgorod, il aurait eu quelque peine à découvrir un hôtel ou même une auberge à peu près convenable.


Tuesday, 1-Nov-2011 08:36 Email | Share | | Bookmark
Suivant un usage très-suivi à la foire de Nijni-Novgorod

Suivant un usage très-suivi à la foire de Nijni-Novgorod, en échange de quelques kopeks charitablement offerts par de bonnes âmes, les geôliers ouvraient la porta à leurs prisonniers, et c’était par centaines qu’ils s’envolaient en jetant leurs petits cris joyeux.... Tel était l’aspect de la plaine, tel il devait être pendant les six semaines que dure ordinairement la célèbre foire de Nijni-Novgorod. Puis, après cette assourdissante période, l’immense brouhaha s’éteindrait comme par enchantement, la ville haute reprendrait son caractère officiel, la ville basse retomberait dans sa monotonie ordinaire, et, de cette énorme affluence de marchands, appartenant à toutes les contrées de l’Europe et de l’Asie centrale, il ne resterait ni un sweat ralph lauren femme seul vendeur qui eût quoi que ce soit à vendre encore, ni un seul acheteur qui eût encore quoi que ce soit à acheter. Il convient d’ajouter ici que cette fois, au moins, la France et l’Angleterre étaient chacune représentées au grand marché de Nijni-Novgorod par deux des produits les plus distingués de la civilisation moderne, MM. Harry Blount et Alcide Jolivet. En effet, les deux correspondants étaient venus chercher là des impressions au profit de leurs lecteurs, et ils employaient de leur mieux les quelques heures qu’ils avaient à perdre, car, eux aussi, ils allaient prendre passage sur le Caucase. Ils se rencontrèrent précisément l’un et l’autre sur le champ de foire, et n’en furent que médiocrement étonnés, puisqu’un même instinct devait les entraîner veste ralph lauren sur la même piste; mais, cette fois, ils ne se parlèrent pas et se bornèrent à se saluer assez froidement. Alcide Jolivet, optimiste par nature, semblait, d’ailleurs, trouver que tout se passait convenablement, et, comme le hasard lui avait heureusement fourni la table et le gîte, il avait jeté sur son carnet quelques notes particulièrement honnêtes pour la ville de Nijni-Novgorod. Au contraire, Harry Blount, après avoir vainement cherché à souper, s’était vu forcé de coucher à la belle étoile. Il avait donc envisagé les choses à un tout autre point de vue, et méditait un article foudroyant contre une ville dans laquelle les hôteliers refusaient de recevoir des voyageurs qui ne demandaient qu’à se laisser écorcher « au moral et au physique! » Michel Strogoff, une main dans sa poche, tenant de l’autre sa longue pipe à tuyau de merisier, semblait être le plus indifférent et le moins impatient des hommes.
Cependant, à une certaine contraction de ses muscles sourciliers, un observateur eût facilement reconnu qu’il rongeait son frein. Depuis deux heures environ, il courait les rues de la ville pour revenir invariablement au champ de foire. Tout en circulant entre les groupes, il observait qu’une réelle inquiétude se montrait chez tous les marchands venus des contrées voisines de l’Asie. Les transactions en souffraient visiblement. Que bateleurs, saltimbanques et équilibristes fissent grand bruit devant leurs échoppes, cela se concevait, car ces pauvres diables n’avaient rien à risquer dans une entreprise commerciale, mais les négociants hésitaient à s’engager avec les trafiquants de l’Asie centrale, dont le pays était troublé par l’invasion tartare. Autre symptôme, aussi, qui devait être remarqué. En Russie, l’uniforme militaire apparaît en toute occasion. Les soldats se mêlent volontiers à la foule, et précisément, à Nijni-Novgorod, pendant cette période de la foire, les agents de la veste ralph lauren homme police sont habituellement aidés par de nombreux Cosaques, qui, la lance sur l’épaule, maintiennent l’ordre dans cette agglomération de trois cent mille étrangers. Or, ce jour-là, les militaires, Cosaques ou autres, faisaient défaut au grand marché. Sans doute, en prévision d’un départ subit, ils avaient été consignés à leurs casernes. Cependant, si les soldats ne se montraient pas, il n’en était pas ainsi des officiers. Depuis la veille, les aides de camp, partant du palais du gouverneur général, s’élançaient en toutes directions. Il se faisait donc un mouvement inaccoutumé, que la gravité des événements pouvait seule expliquer. Les estafettes se multipliaient sur les routes de la province, soit du côté de Wladimir, soit du côté des monts Ourals. L’échange de dépêches télégraphiques avec Moscou et Saint-Pétersbourg était incessant. La situation de Nijni-Novgorod, non loin de la frontière sibérienne, exigeait évidemment de sérieuses précautions. On ne pouvait pas oublier qu’au XIVe siècle la ville avait été deux fois prise par les ancêtres de ces Tartares, que l’ambition de Féofar-Khan jetait à travers les steppes kirghises.


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